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La concentration dans l’éducation Montessori

enfant-qui-se-concentre en faisant du decoupage, Montessori

La concentration, à la base du développement de l'enfant.

Maria Montessori soutenait que la concentration était le "premier chemin" que devait trouver l'enfant. Elle l'a placée au coeur de son éducation. Alors que nos environnements deviennent de plus en plus saturés d'objets propices à la dispersion, aider l'enfant à pouvoir se concentrer est devenu une priorité. Parce que la concentration aide l'enfant à développer sa force de volonté, elle fonde et peut transformer sa personnalité. Nous devons réunir un maximum de conditions pour qu'elle devienne un pouvoir et non l'inverse.

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Entre les jouets et les tablettes électroniques, il devient difficile pour le tout-petit de se construire en étant actif. En tant qu’adulte on confond parfois l’activité qui garde l’enfant occupé de celle qui engage l’être tout entier et dont la source réside dans quelque chose de plus profond. C’est bien celle-ci qui permet à l’enfant de se construire. 

Pourquoi l’enfant a t-il besoin de se concentrer? 

L’action de se concentrer engage la volonté. Maria Montessori a remarqué à quel point toute la personnalité de l’enfant se transformait grâce au potentiel de concentration qu’il développait. Il devient capable de contrôler son esprit et son corps. Petit à petit la lucidité se développe ce qui laisse émerger une personnalité plus calme capable de discernement.

La concentration chez le bébé

Les premiers mois, la concentration et l’éducation se font à un niveau sensoriel : en polarisant son attention de façon longue et ininterrompue, l’enfant assimile, collecte, classe et range les impressions reçues dans son cerveau.  Le phénomène se décèle facilement chez le nouveau-né dont l’attention est captée par les objets : mobiles, lumière, traits du visage … Grâce à ses expériences les connexions entre les neurones se forment et le cerveau se structure. Laisser au tout petit du temps est nécessaire afin que l’intégration des images mentales se fasse. C’est également pendant son sommeil que le bébé va continuer ce travail d’assimilation. Nous devons proposer un espace organisé avec la possibilité pour le bébé de fixer son attention sur les choses pour faciliter ce travail.

La concentration chez le tout-petit

Lorsque l’enfant a développé une autonomie motrice il va petit à petit faire des choix. C’est en fonction de ce qu’il va trouver autour de lui qu’il pourra ou non fixer son attention. La motivation est à la base de cette concentration, prendre en compte les besoins de l’enfant et le laisser agir de façon autonome seront clés pour favoriser la concentration.  C’est ce qu’a défendu Maria Montessori qui a vu que de cette façon, l’enfant apprenait à développer sa volonté et pouvait s’auto discipliner. En canalisant son attention et ses mouvements sur ce qu’il a choisit de faire, il devient capable de contrôler son esprit et son corps. Petit à petit la lucidité se développe, ce qui laisse émerger une personnalité plus calme capable de discernement.

Un cercle vertueux

Plus l’enfant se concentre, plus il sera capable de se concentrer. En développant la capacité de concentration, il apprend donc à utiliser son énergie au service de sa construction. La concentration est le signe extérieur du travail intérieur de l’être humain.  Nous comprenons alors pourquoi Maria Montessori disait que “ Le premier chemin que l’enfant doit trouver est le chemin de la concentration”. 

Quel environnement proposer pour atteindre la concentration? 

Comme le point de départ réside dans la motivation, il faut offrir laisser l’enfant libre d’aller vers ce qui l’intéresse. La condition pour que la motivation puisse exister est bien l’existence d’un intérêt réel. En observant l’enfant se développer notamment sur le plan physique on peut mieux suivre ses besoins et proposer des activités adaptées. Pour se faire on peut observer les mouvements de la main. Quelles sont les actions que l’enfant répète ? S’intéresse t-il aux petits détails? Aux quantités? Au odeurs? Est-il capable de transvaser des choses d’un récipient à l’autre? Etc…

 Comment l’adulte peut-il soutenir le développement de la concentration?

Proposer une ambiance calme et épurée permettra à l’enfant de distinguer ce qui l’entoure et l’invitera à poser son attention sur quelque chose de précis. L’enfant de moins de 6 ans étant particulièrement sensible à l’ordre, prévoir d’organiser les activités en ce sens l’aider à faire un choix et cette première étape est clé vers la concentration. En proposant moins de choses à l’enfant nous favorisons cet élan naturel. Cela nécessite également de mettre des objets à sa hauteur pour qu’ils lui soient accessibles. Enfin en dédiant un cadre spécifique à l’activité, on favorise le travail de l’enfant qui, pour parfaire son geste, a besoin de répéter son activité. 

-Un tapis de motricité libre au sein duquel il pourra focaliser son attention sur un objet, un mobile ou un hochet. 

-Une petite table de travail dégagée avec une chaise lui permettra de se mieux se concentrer sans être perturbé par ce qu’il y a autour de lui. 

Une fois que l’attention de l’enfant est dirigée vers une activité, le rôle de l’adulte est de “laisser faire” de sorte que la concentration puisse s’installer et durerL’enfant qui se construit va naturellement persévérer à travers la répétition. Il faut le laisser répéter autant de fois que nécessaire. Interrompre ce processus revient à rompre cette construction psychique et freiner sa capacité de concentration. Protéger le travail de l’enfant en n’intervenant pas directement sera un facteur clé pour ce développement. Tout en privilégiant le calme autour d’une activité, on peut en revanche répondre à l’enfant qui sollicite notre aide et encourager le développement de la confiance en soi

La concentration est au coeur de chacun des coaching proposé par Home Flow. Nous mettons en place les conditions qui vont aider l’enfant à se développer au quotidien en fonction de vos contraintes ! 

Est-ce que cet article vous a aidé? N’hésitez pas à me poser vos questions en commentaires 🙂

“Montessori à la lumière des découvertes scientifiques actuelles”

Solange Denervaud, doctorante en Neuroscience à l'Université de Genève, ancienne enseignante Montessori, diplômée AMI.

Tel était l’intitulé de la conférence donnée par Public Montessori réunissant plus de 250 personnes à la Sorbonne Nouvelle le samedi 31 mars dernier. Les recherches en neurosciences encouragent de plus en plus de personnes à se tourner vers l’approche Montessori.  Solange Denervaud est une ancienne éducatrice Montessori formée par l’AMI et actuellement doctorante en neuroscience affective. Elle nous a démontré comment l’approche Montessori répondait aux besoins en développement de l’enfant selon les récentes recherches. Je décris les points qui m’ont paru essentiels au regard de l’éducation. La plupart des liens sont en anglais, les recherches les plus avancées se passant aux Etats-Unis.

Solange Denervaud, doctorante en Neuroscience à l'Université de Genève, ancienne enseignante Montessori, diplômée AMI.

La construction du cerveau et l’esprit absorbant

Le cerveau se construit pendant les premières années de part des facteurs génétiques et (surtout) par les interactions avec l’environnement. Lorsque Maria Montessori a parlé de l’esprit absorbant de l’enfant elle parle en fait des connexions synaptiques que l’enfant développe en interagissant avec son environnement. D’abord à un niveau sensoriel puis cela va se passer au niveau des fonctions cognitives supérieures : avec le langage, nous devenons capables d’organiser nos idées. En effet Maria Montessori différencie l’apprentissage sensoriel qui démarre à la naissance (ou avant) de l’apprentissage conscient fait par l’enfant avec son environnement. Celui-ci se met en place autour de 2-3 ans en même temps qu’apparait le langage.

C’est le développement du cortex préfrontal et des fonctions exécutives. Solange Denervaud s’appuie sur le travail d’Adel Diamond  pour les citer : inhibition, flexibilité mentale et lien avec la mémoire de travail. Il a été prouvé que les sports, les instruments de musique et le contexte scolaire influencent sur le bon développement de ces fonctions exécutives. Montessori aurait proposé le bon environnement social pour se faire. En effet, les dernières recherches en neurosciences ont montré que dans un système Montessori le développement globale de l’enfant (créativité, bien être, fonction executives et résultats académiques) est beaucoup plus équilibré…

Comment est-ce que l’approche Montessori favorise le développement des fonctions cognitives?

De 3 à 16 ans les motivations sociales pour apprendre vont être clés dans le développement de ces fonctions exécutives. Pourquoi est-ce que cela serait favorisé dans les écoles Montessori? il faut se pencher sur les mécanismes de l’attention et sur le phénomène de concentration qui y est très fort.

Après quelques exercises pratiques qui démontrent notre tendance à surestimer nos capacités d’attention et donc celles des autres (les enfants compris bien sûr ), on commence sérieusement à réévaluer nos capacités à faire plus d’une chose à la fois. En effet, cela veut bien dire que l’on ne peut porter notre attention uniquement sur ce quoi nous nous concentrons. En surchargeant l’attention nous ne pouvons pas bien traiter les informations.

Hors, ne présenter qu’une seule nouvelle difficulté à la fois est l’un des principes qui régit le passage d’une activité à l’autre dans un environnement Montessori. Les activités Montessori requièrent de l’attention ce qui permet aux enfants d’entrainer cette dernière et de développer leur volonté avec des exercices comme “Marcher sur la ligne” et le “Jeu du silence”. Il faut aussi ressourcer nos capacités d’attention. Hors apprendre à son rythme permet de faire des pauses pour intégrer ce que le cerveau a appris et donc de ressourcer ses capacités d’attention. Enfin, on se concentre mieux lorsque la motivation en engagée et c’est ce que permet “le libre choix” de l’approche Montessori. C’est en dirigeant notre attention que l’on favorise la concentration.

Les impacts sur la créativité et la construction de l’intelligence

Qu’en est-il de la créativité? selon Roger Beaty, plus on a de moments ou on ne fait rien, plus on sera capable de créer, d’innover et d’être joyeux! Pour apprendre à apprendre il faut du temps. Lorsque l’enfant a du temps, il ne fait plus d’erreur. La démonstration par ici.

Il semblerait que les différences les plus frappantes entre élèves issus des écoles traditionnelles et élèves issus d’une école Montessori se mesurent après 8 ans. Et les adolescents issus d’environnements Montessori auraient une toute autre façon de répondre aux problèmes.  Ils utilisent un processus de réponses réfléchies pour résoudre un problème. Ils ont été entrainés à penser de façon plus flexible et créative. Cela serait également lié au fait que l’approche Montessori propose un materiel auto correctif qui offre un retour d’information immédiat. Ceci permet à l’enfant de donner de la valeur à ce qu’il vient de faire  (à contrario des notes qui reviennent 3 semaines après… ). Ce retour d’experience immédiat procure à l’enfant l’envie de se dépasser et développe  son intelligence.

Il a ainsi été prouvé qu’au delà de 8 ans, face à une difficulté, un enfant du système traditionnel commence à ralentir beaucoup plus qu’un enfant issu d’une école Montessori. Et parce que l’enfant a jugé qu’il n’avait pas le droit de faire des erreurs il va ralentir encore plus: plus l’enfant est anxieux, plus il va ralentir. Plus la personne ralentit, moins elle est créative et donc moins elle va pouvoir trouver des solutions pour s’auto corriger.